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Nous sommes dans les premiers jours du XIXe siècle et la campagne d'Italie
s'achève. L'armée de Bonaparte regagne ses quartiers avec, entre
autres, la recette du veau Marengo et un certain M. Procop.
Ce dernier, d'origine polonaise, a été capturé en même
temps qu'un régiment autrichien. Soldat d'occasion, il est en fait foulonnier
de son état, c'est à dire spécialiste du travail des feutres
de papeterie.
Ce qui lui vaut de se retrouver à l'usine de l'Abbaye, située sur
la commune de La Couronne, à côté d'Angoulême. La France
s'enrichit en 1802 de deux citoyens notables :
Victor Hugo voit le jour et M. Procop est naturalisé français.
Il confirme ensuite ses heureuses dispositions en réalisant un mariage
prospère et en devenant finalement propriétaire de l'usine où
il travaille.
Il en fera les fameuses Papeteries de La Couronne, que ses descendants dirigeront
jusqu'en 1914.
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Pierre-Charles Procop, né
en 1907, revient à l'amour ancestral du papier à Paris comme employé
des Papeteries Navarre.
La Seconde Guerre mondiale éclate. A peine rescapé des combats de
Dunkerque, Pierre-Charles franchit la ligne de démarcation, et les Papeteries
Navarre lui confient alors la gestion de leur dépôt de Limoges.
Dès la paix revenue, il reprend le flambeau familial en fondant la Société
Procop.
Il a raison de lui donner son nom, car il la crée pleinement autonome le
14 septembre 1945 et elle l'est toujours.
Cet enracinement de deux siècles dans la tradition papetière et
cette passion de l'indépendance, Pierre-Charles a su les transmettre intacts
à son fils Frédéric, qui dirige l'entreprise aujourd'hui.
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